LEXIQUE

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A

Adjuvant : Substance ou préparation dépourvue d’activité biologique jugée satisfaisante dans la pratique, mais capable de modifier les propriétés physiques, chimiques ou biologiques de produits phytopharmaceutiques lorsqu’elle est ajoutée en mélange extemporané au moment de la préparation de la bouillie.

Adventice : a) Au sens botanique, une adventice est une plante introduite accidentellement à l’insu de l’homme. b) Ce terme est aussi utilisé comme synonyme de « mauvaise herbe » dans le sens de plante adventice d’une culture.

Antagonisme : Action exercée par un pro-duit sur un autre produit lorsque l’activité de leur mélange est moins élevée que celle de chacune de ces produits appliqués séparément.

Aphicide : Substance active ou préparation ayant la propriété de tuer les pucerons.

Autorisation de mise sur le marché (AMM) : Acte administratif par lequel l’autorité compétente d’un État membre de l’Union Européenne autorise, à la suite du dépôt d’une demande, la mise sur le marché d’un produit phytopharmaceutique sur son territoire. Cette autorisation est délivrée pour une durée maximale de dix ans, renouvelable. Dans certains cas, elle peut être accordée à titre provisoire pour une durée maximale de trois ans, renouvelable (AMMP).

* Norme NF U 43 000 (Novembre 1980) AFNOR, Tour Europe, Cedex 7, 92049 Paris-La Défense.


B

Bassin Versant : Le bassin versant d’un cours d’eau est la zone drainée par ce cours d’eau et ses affluents. Il est délimité par les crêtes topographiques. Les listes étant destinées à l’orientation du suivi de la qualité de l’eau vis à vis des produits phytosanitaires, un bassin versant a été défini par point de prélèvements de façon à ce que le point de prélèvements se situe à l’exutoire du bassin (lieu où arrivent toutes les pluies tombées sur le bassin versant hormis l’eau infiltrée vers les nappes).

Bonnes pratiques agricoles (BPA) : Respect d’un certain nombre de règles dans l’implantation et la conduite des cultures de façon à optimiser la production agricole, tout en réduisant le plus possible les risques liés à ces pratiques, tant vis-à-vis de l’homme que vis-à-vis de l’environnement. En matière de protection des plantes, on peut également les nommer bonnes pratiques phytosanitaires.

Bouillie : Mélange, généralement dans l’eau, d’un produit phytopharmaceutique destiné à être appliqué par pulvérisation, arrosage ou trempage.

NOTE : une bouillie peut contenir plusieurs produits et des adjuvants.


C

Champ d’activité (d’un produit phytopharmaceutique) : Ensemble des ravageurs, des agents pathogènes ou des mauvaises herbes maîtrisés par un produit phytopharmaceutique.

NOTE : ce terme doit être préféré à « spectre d’efficacité ».

Cholinestérase : Enzyme nécessaire au fonctionnement du système nerveux de l’homme et des insectes. 90 % des insecticides agissent en perturbant son fonctionnement normal (AFNOR).

Concentration d’emploi : Masse de substance active ou de préparation contenue dans l’unité de volume de bouillie à épandre. NOTE : la concentration peut être exprimée par exemple en kilogrammes ou en litres par hectolitres de bouillie (AFNOR).

Concentration létale (CL) : Dans un régime alimentaire ou dans un milieu, concentration de substance qui entraîne la mort des ani-maux de laboratoire qui y sont exposés. Elle est généralement exprimée en milligramme ou microgramme par unité de volume (eau, air...) ou de masse (sol, nourriture...). Ex. CL 50 : concentration entraînant 50 % de mortalité.

NOTE : on rencontre également les locutions : concentration inhibitrice (CI) ou concentration efficace (CE) pour décrire d’autres effets toxiques ou biologiques, éventuellement sur des espèces végétales ou des microorganismes (algues, champignons...). Ex. CE 50 : concentration entraînant 50 % d’effet...

Concentration sans effet (CSE) : Dans un régime alimentaire ou dans un milieu, concentration maximale de substance qui ne se traduit pas par des effets toxiques sur des ani-maux de laboratoire qui y sont exposés. Elle est généralement exprimée en milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour. On distingue généralement différentes ex-pressions de cette concentration sans effet : CSEO : concentration sans effet observé, CSENO : concentration sans effet néfaste observé.


D

Dégradation : Transformation d’une substance en une ou plusieurs autres de structure moins complexe. En situation de terrain ou de plein champ, on préfère utiliser les termes : dissipation ou disparition dans un milieu ou l’un des compartiments de l’environnement (sol, air, eau...), qui intègrent à la fois la dégradation proprement dite et le transfert vers d’autres milieux. On caractérise généralement la vitesse de dégradation par la durée nécessaire à la dégradation (ou dissipation) de 50 % ou de 90 % de la quantité initiale de substance (DT 50 ou DT 90 ).

Délai d’emploi avant récolte (DAR) : Délai minimal autorisé entre le dernier traitement et la récolte d’une culture.

Dicotylédones : Végétal dont la graine renferme un embryon à deux cotylédons. La section des tiges et des racines s’accroît grâce à l’activité des cambiums, et les feuilles sont à nervures ramifiées.

Dominance apicale : Phénomène de nature auxinique, qui régit les interactions entre la partie sommitale d’une plante et le reste du végétal.

Dose journalière admissible (DJA) : Quantité de substance qu’un être humain peut absorber quotidiennement sa vie durant, sans effet néfaste pour sa santé. Elle est exprimée en milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour. NOTE : la DJA est calculée à partir de la dose sans effet (DSE) la plus basse observée chez des mammifères de laboratoire, à laquelle sont appliqués des coefficients de sécurité. Ceux-ci sont variables en fonction du risque encouru, en particulier s’il existe une génotoxicité. La locution « Apport journalier admissible (AJA) » correspond au même concept lorsqu’on l’exprime en milligramme de substance par individu et par jour.

Dose létale (DL) : Quantité de substance qui, administrée à des animaux de laboratoire, entraîne la mort. Elle est généralement ex-primée en milligramme par kilogramme de poids corporel.

Ex.DL 50 : dose entraînant 50 % de mortalité.

Dose sans effet (DSE) : Quantité maximale de substance dont l’absorption quotidienne ne se traduit pas par des effets toxiques sur des animaux de laboratoire. Elle est généralement exprimée en milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour. On distingue généralement différentes expressions de cette dose sans effet :

-  DSEO : dose sans effet observé,

-  DSENO : dose sans effet néfaste observé.


E

Effet non intentionnel : On appelle effet non intentionnel d’un produit phytopharmaceutique utilisé dans des conditions normales, toute action bien caractérisée, autre que celle pour laquelle le produit est employé, qu’elle soit bénéfique ou non, immédiate ou à retardement. Cette locution doit être préférée à « action secondaire ». Syn. Effet secondaire.

EVPP : Emballage Vide de Produit Phytosanitaire.


F

Formulant : Substance ou préparation dépourvue d’activité biologique propre, incluse dans un produit phytopharmaceutique lors de la formulation afin de lui conférer les propriétés nécessaires à sa mise en oeuvre.

NOTE : ce terme doit être préféré à "adjuvant". Syn. Coformulant.


G


H

Homologation : voir AMM.


I


J


K


L

Limite maximale de résidus (LMR) : Concentration maximale en résidus de produit phytoharmaceutique, officiellement fixée, tolérée dans une denrée alimentaire en l’état ou transformée destinée à l’homme ou aux animaux.

NOTE : la LMR est généralement exprimée en milligramme par kilogramme, et assortie d’un délai d’emploi avant récolte (DAR).

Lutte biologique : Méthode qui consiste à combattre un organisme nuisible par l’utilisation de ses antagonistes naturels appartenant soit au règne animal soit au règne végétal.

Lutte chimique : Méthode qui consiste à utiliser des produits phytopharmaceutiques de nature chimique pour combattre les organismes nuisibles.

Lutte intégrée : Application rationnelle d’une combinaison de mesures biologiques, chimiques, physiques, culturales ou mettant en oeuvre l’amélioration des végétaux. L’emploi de produits phytopharmaceutiques de nature chimique y est limité au strict nécessaire pour maintenir la présence des organismes nuisibles en dessous du seuil à partir duquel apparaissent une perte ou des dommages économiquement inacceptables.

Lutte raisonnée : Emploi rationnel de produits phytopharmaceutiques, se définissant notamment par le choix des produits, de leur dose, de l’époque d’application et des techniques à mettre en oeuvre, au sein d’un programme tenant compte de l’évolution des ennemis des cultures.


M

Mélange de produits phytopharmaceutiques ou mélange extemporané : Mélange effectué au moment de l’emploi par l’utilisateur (AFNOR).

Monocotylédones : Végétal dont la graine renferme un embryon à un seul cotylédon. La tige et la racine sont, sauf exception, toujours dépourvues de cambiums et donc de formations secondaires ; les feuilles sont à nervures parallèles non ramifiées.


N


O


P

Persistance : Durée pendant laquelle les résidus d’un produit phytopharmaceutique sont détectables.

Persistance d’action : Durée pendant laquelle un produit phytopharmaceutique manifeste une activité biologique. Cette activité peut être le fait de la substance active ou de ses produits de dégradation.

NOTE : cette locution doit être préférée à « rémanence ».

Phytoprotecteur : Substance capable de protéger une plante cultivée contre l’action phytotoxique d’un produit phytopharmaceutique.

NOTE : les phytoprotecteurs actuellement utilisés sont inclus dans des préparations herbicides.

Phytotoxicité : Altération passagère ou irréversible occasionnée à des végétaux cultivés par un produit phytopharmaceutique.

PPNU : Produit Phytosanitaire Non Utilisable.

Préparation : Association d’une ou plusieurs substances actives avec des formulants qui constitue un produit phytopharmaceutique adapté à l’usage prévu. Syn. Produit formulé, spécialité.

Produit biocide : Substance ou préparation destinée à combattre les organismes nuisibles par une action chimique ou biologique.

NOTE : en pratique, cette locution désigne les produits qui ne sont ni des médicaments destinés à l’homme ou aux animaux, ni des cosmétiques, ni des produits phytopharmaceutiques.

Ex. Produits de traitement des locaux d’élevage, insecticides ménagers...

Produit biologique : Organisme, substance ou préparation permettant de lutter contre des organismes nuisibles et dont le principe actif est constitué par des organismes vivants (1) ou des produits de leur métabolisme (2).

Ex. 1. Souches hypovirulentes d’Endothia parasitica contre le chancre du châtaignier.

Ex. 2. Toxine de Bacillus thuringiensis utilisée dans la lutte contre des chenilles de lépidoptères et des larves de moustiques. NOTE : ce terme doit être préféré à « biopesticide ».

Produit de contact : Produit phytopharmaceutique dont la (ou les) substance(s) active(s) agissent par contact sur l’organisme nuisible.

Produit phytopharmaceutique : Substance active ou préparation destinée à :

1)protéger les végétaux ou les produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action, pour autant que ces substances ou préparations ne soient pas autrement définies ci-après,

2) exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, pour autant qu’il ne s’agisse pas de substances nutritives,

3) assurer la conservation des produits végétaux, pour autant que ces substances ou produits ne fassent pas l’objet de dispositions particulières du Conseil ou de la Com-mission européenne concernant les agents conservateurs,

4) détruire les végétaux indésirables ou les parties de végétaux,

5) freiner ou prévenir une croissance indésirables des végétaux, par une action chimique ou biologique.

NOTE : ce terme doit être préféré à « pesticide ». Syn. Produit agropharmaceutique, produit phytosanitaire.

Produit systémique : Produit phytopharma-ceutique dont la (ou les) substance(s) active(s) pénètrent puis migrent à l’intérieur de la plante.


Q


R

Résidus de produits phytopharmaceutiques : Substances susceptibles d’être présentes dans ou sur des végétaux, des produits d’origine végétale ou animale, dans un milieu ou l’un des compartiments de l’environnement (sol, air, eau...) à la suite de l’emploi de produits phytopharmaceutiques.

NOTE : ce terme englobe les substances actives et leurs produits de dégradation ou de conversion dont la prise en compte est jugée pertinente des points de vue toxicologique et écotoxicologique.

Résistance (d’un organisme à l’action d’une substance active) : Absence d’inhibition ou inhibition réduite du développement d’un organisme nuisible après application(s) d’un produit phytopharmaceutique. Cette résistance peut être naturelle ou acquise. Elle peut se manifester à l’égard de plusieurs substances actives. Dans ce cas, on distingue la résistance croisée « positive », la résistance croisée « négative » et la résistance multiple.

NOTE : le terme de « tolérance » utilisé dans ce sens est à rejeter.


S

Substance active (s.a.) : Substance ou micro-organisme (virus y compris) exerçant une action générale ou spécifique sur les organismes nuisibles ou sur les végétaux, parties de végétaux ou produits végétaux. Syn. Matière active.

Synergie : Action conjuguée de deux ou plusieurs substances actives se traduisant par un effet de leur mélange supérieur à celui qui devrait résulter de l’addition de leurs effets individuels.


T

Toxicité : Effet néfaste d’une substance après pénétration dans un organisme vivant (homme, animal...). On peut la mesurer chez les animaux de laboratoire en mettant en oeuvre des études portant sur divers modes ou durées d’exposition On distingue généralement :

-  Toxicité aiguë : Effet résultant de l’administration d’une dose unique de la substance étudiée.

-  Toxicité subaiguë :Effet résultant de l’administration d’une dose ou de l’exposition quotidienne à une concentration de la substance étudiée, pendant une durée courte, par exemple une semaine.

-  Toxicité subchronique : Effet résultant de l’administration d’une dose ou de l’exposition quotidienne à une concentration de la substance étudiée, pendant une durée moyenne, par exemple trois mois.

-  Toxicité chronique ou à long terme : Effet résultant de l’administration d’une dose ou de l’exposition quotidienne à une concentration de la substance étudiée, pendant une durée longue, par exemple un ou deux ans.

Traitement dirigé : Traitement effectué avec un produit phytosanitaire non sélectif en utilisant un mode d’application permettant de protéger la plante cultivée (AFNOR).

Traitement localisé : Traitement effectué sur une partie du sol ou de la culture.

NOTE : un traitement peut être localisé en bandes sur une culture en ligne, en taches sur les mauvaises herbes (AFNOR).

Traitement de prélevée : Traitement effectué avant la levée de la plante considérée, mauvaise herbe ou plante cultivée.

NOTE : il y a lieu de préciser si le traitement est de prélevée de la culture ou de la mauvaise herbe.

Ex. l’application du diquat se fait en traitement de prélevée de la culture et en traitement de postlevée de la mauvaise herbe. Il est possible de rencontrer dans la littérature le terme de « pré-émergence » employé à tort dans le sens de « prélevée » (AFNOR).

Traitement de post-levée : Traitement effectué après la levée de la plante considérée, mauvaise herbe ou plante cultivée.

NOTE : il y a lieu de préciser si le traitement est de post-levée de la culture ou de la mauvaise herbe. Il est possible de rencontrer dans la littérature le terme de « post-émergence » employé à tort dans le sens de « post-levée » (AFNOR).


U

Usage : Emploi auquel est destiné un produit phytopharmaceutique. Il est généralement constitué d’un couple « plante - organisme nuisible », complété éventuellement par des précisions sur le mode ou le champ d’application.

NOTE : ce terme s’est substitué aux anciennes dénominations « catégories d’emploi » et « usages assimilés ».

Ex. Vigne, mildiou, traitement des parties aériennes.


V


W


X


Y


Z


Les termes couramment utilisés dans le domaine de la lutte antiparasitaire peuvent faire l’objet d’interprétations différentes (même parmi les plus souvent utilisés). Pour permettre au lecteur de retrouver les définitions des termes utilisés dans cet ouvrage, nous avons, avec l’autorisation des auteurs, réuni ici les définitions des principaux termes utilisés en protection des plantes. Le groupe de travail « Terminologie » de la Commission des essais biologiques (CEB) a entrepris depuis 1998 de réactualiser le glossaire de termes qu’il avait publié en 1990. Nous avons choisi de privilégier les définitions établies par ce groupe, du fait de leur actualité.

L’ensemble des termes révisés est consultable sur le site Internet de l’Association française de protection des plantes (http://www.afpp.net). Certaines définitions n’ayant pas encore été revues par le groupe, nous avons conservé les définitions de la norme* AFNOR de 1980.